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« CONTENTIEUX HISTORIQUE FRANCO AFRICAIN » De Daniel Yagnye Tom – La France coloniale aurait-elle pu croire ?

La France coloniale aurait-elle pu croire qu’en égorgeant à tour de bras les nationalistes africains dans son giron, qu’à seulement moins de deux générations de là, d’autres filles et fils d’Afrique élèveraient le contentieux historique issu de ses crimes et la confronteraient avec son passif colonial, saturé des têtes coupées de nos morts et inondé du sang des martyrs de l’indépendance ? Au moment où, de manière subtile, sous couvert des « droits humains » ou de « l’aide à l’Afrique », les bruits de bottes françaises se font à nouveau entendre sur le territoire africain (Côte d’Ivoire, Mali, RCA).

L’objectif principal de ces interventions militaires en Côte d’Ivoire, à partir de 2002, avec l’éternelle opération Licorne et ses 4000 soldats, était le renversement du président Laurent Gbagbo pour la remise du pouvoir à Alassane Ouattara.

Pour l’opération Serval au Mali depuis 2013, l’objectif est de lutter contre l’invasion islamiste au Maghreb en éliminant les groupes rebelles. Les opérations Boali et Sangaris, respectivement de 600 et de 1200 soldats français en RCA, étaient officiellement pour « protéger » le président François Bozizé menacé par les milices Seleka et combattre l’extrême violence dans le pays après la chute de Bozizé en 2013.

Il est vital de se rappeler qu’en d’autres temps, ces mouvements de troupes furent justifiés par des alibis d’ordre moral, théologique et humaniste, dont l’examen montre qu’ils n’étaient que des prétextes à l’occupation, à l’exploitation, même au prix de génocides. En instaurant le code de l’Indigénat, le régime des travaux forcés qui a causé la mort de milliers d’Africains, en assassinant les héros nationalistes et patriotes africains, en massacrant des populations entières par des actes de guerre, en exterminant des groupes entiers sur des bases ethniques, la France croyait sans doute se débarrasser d’eux à tout jamais.

C’est le médiocre et mauvais calcul de tous les criminels aveuglés par une cupidité effrénée, car plus que jamais, la mémoire de ces martyrs est dans l’air du temps, et on peut dire littéralement que la France et ses alliés ne les ont assassinés que pour les faire renaître dans la conscience des générations successives d’Africaines et d’Africains. Il n’y aura pas de paix tant que la France n’aura pas payé ses crimes contre nos pères et nos mères, non seulement par une reconnaissance et une demande de pardon officielles, mais aussi par un hommage bien mérité à leur mémoire, et une réparation subséquente et conséquente des dommages subis par le peuple camerounais et les autres peuples africains. Aussi vrai que l’État français actuel est le prolongement naturel de l’Empire colonial français d’alors. Mais ce n’est pas assez : la France doit se retirer de l’Afrique, non seulement physiquement en évacuant ses troupes d’occupation, mais aussi politiquement et diplomatiquement, en cessant ses ingérences, ses commentaires tendancieux et autres prises de position intempestives dans nos affaires.

Dr Daniel Yagnye Tom

Président de l’Alliance Patriotique et Représentant spécial de l’UPC

En Afrique Australe et Centrale.

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