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« CONTENTIEUX HISTORIQUE FRANCO AFRICAIN » De Daniel Yagnye Tom – « De la collaboration » (2ème partie)

De la collaboration !

Togo :

Sylvanus Olympio, né le 6 septembre 1902 et assassiné le 13 janvier 1963, a été président du Togo de 1961 à 1963. Diplômé de la London School of Economics, il était issu d’une riche famille d’origine brésilienne et entretenait de nombreux liens avec les pays anglophones. Il privilégiait la coopération avec l’Allemagne, l’ancienne puissance coloniale. Très déçu par la France lorsqu’il fut emprisonné pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsque le Togo passa sous le contrôle de la France de Vichy, Olympio fit de Sékou Touré son conseiller spécial en 1960. Il ne faisait pas partie des alliances de la France avec ses anciennes colonies.

République Centrafricaine :

Barthélemy Boganda, le premier prêtre catholique de ce pays, a eu une riche activité politique de 1946 à 1959. Il préconisait un grand État unique avec le Congo et le Tchad. En réalité, il souhaitait aussi inclure le Cameroun dans cette Union, comme me l’a affirmé le professeur Abel Goumba à Luanda. Il est mort dans un accident d’avion dont les circonstances ne sont toujours pas élucidées. Après sa mort, son cousin David Dacko prit le pouvoir.

Le 31 décembre, Jean-Bedel Bokassa, ancien militaire lié à la France, colonel et chef de l’état-major, réalise son coup d’État. Quelques années plus tard, pendant que Bokassa se trouvait à Tripoli en Libye, les troupes françaises de l’opération Barracuda (de septembre 1979 à septembre 1981) faisaient un coup d’État pour remettre David Dacko au pouvoir. Ainsi, la France continuait ses interventions militaires jusqu’à ce que ce pays soit impossible à gouverner par manque d’État.

Gabon :

Le premier président de ce pays fut Léon Mba, qui ne voulait pas de l’indépendance et préférait la départementalisation. Pour lui, le Gabon devait continuer comme un département de la France avec le drapeau français, etc.

La nuit du 17 au 18 février 1964, des militaires gabonais emprisonnèrent sans un seul coup de feu le président Léon Mba et le président de l’Assemblée nationale. Ils formèrent un gouvernement dirigé par Jean Hilaire Aubame, le plus grand rival de Mba. Le général De Gaulle, qui appréciait les privilèges de Léon Mba, ordonna une intervention militaire des forces armées françaises de 2000 soldats, à partir de Dakar et de Brazzaville. Ils débarquèrent pendant la nuit du 18 au 19 février, et Léon Mba reprit ainsi le pouvoir.

Albert Bernard Bongo, le père de l’actuel président du Gabon, était le chef du cabinet de Léon Mba. Choisi par les services français, il fut d’abord nommé ministre délégué à la présidence, puis vice-président de Léon Mba, vieux et très malade, hospitalisé à Paris où il finit par mourir. Bongo devint alors le deuxième président du Gabon. Pendant le règne de Bongo, il y eut plusieurs interventions militaires, comme par exemple au mois de mai 1997 sous le prétexte habituel de l’évacuation des étrangers, il y en avait 1800. Le même scénario se répéta en 1997 au Congo-Brazzaville et en 1998 au Congo démocratique.

Tchad :

Ce pays a connu plusieurs interventions militaires françaises. De 1968 à 1972, près de 38 militaires français sont morts dans les opérations Limousin et Bison au Tibesti contre le Frolinat, le Front de libération national du Tchad. Il y eut encore une intervention française à partir du mois de mars 1978 jusqu’en mai 1980 contre le même Frolinat.

Du 18 août 1983 à février 1986, 4000 soldats français aidaient le président Hissène Habré contre Goukouni Ouedeye. Ce même Hissène Habré est actuellement jugé à Dakar pour crimes contre l’humanité.

En février 2006, l’aviation française sauvait N’Djamena des forces ennemies qui n’étaient qu’à 250 kilomètres de la capitale. Les militaires français s’installèrent à l’aéroport de N’Djamena en 2008.

La Côte d’Ivoire

Tenant compte de l’importance économique et géostratégique de ce pays, il est nécessaire de présenter en détail ce qui a fini par hypothéquer les espoirs des populations de cette région de notre continent.

La vérité, c’est que Félix Houphouët-Boigny, le premier président de la Côte d’Ivoire, était CONTRE les indépendances de l’Afrique dite francophone.

“Au Congrès de Bamako en 1946, la thèse de l’autonomie, c’est-à-dire en fait de l’indépendance, avait prévalu contre la mienne. Mais on voulait que je sois le Président du Mouvement. Comme je me refusais à accepter des fonctions qui m’auraient obligé à faire appliquer des décisions que je n’approuvais pas, on rouvrit le débat, ma motion l’emporta de justesse ! Et je pus prendre la présidence…Et c’est ainsi qu’au lieu du combat pour l’indépendance, nous choisîmes l’adhésion à la Communauté Française. Ma satisfaction, aujourd’hui, c’est que cette thèse, non seulement reste celle de tout le RDA, mais soit aussi devenue celle de tous les autres partis africains.”

Panafricanisme et Néo-colonialisme page 83 par le professeur Moukoko Priso.

Il s’agit d’une interview de Houphouët-Boigny au journaliste André Blanchet parue dans Le Monde le 4 Octobre 1957, avec quelques mensonges, puisque tous les partis n’avaient pas accepté l’adhésion à la Communauté Française, l’UPC du Cameroun et le PDG de la Guinée sont quelques exemples…

Mais il y a d’autres sorties spectaculaires de Houphouët-Boigny comme : “…la création d’une Afrique nouvelle et prospère au sein d’une Union Française forte et fraternelle” tirée de la Thèse de Mémoire en Sciences politiques de J. Ndong Obiang (L’OUA et la lutte pour l’indépendance 1972 page 39 Panaf et Néocol page 86), encore “…La Côte d’Ivoire a fait son choix en ce qui la concerne. Quoi qu’il advienne, elle adhérera à la Communauté Franco Africaine. Exécutif fédéral, oui, mais à Paris et non à Dakar” dans Afrique Nouvelle, numéro du 18 Avril de 1958…

Ensuite, lorsqu’il fut informé de la décision de De Gaulle, obligé, sans les consulter, d’offrir l’indépendance à qui la voulait, Houphouët dit : “J’ai attendu sur le parvis de la Fédération avec mes fleurs fanées… la Communauté rénovée s’est élaborée sans nous et en dehors de nous, et contrairement à nos vœux qui nous portaient vers une organisation fédérale…” Panafricanisme et Néocolonialisme page 88.

Sénégal, Dahomey (actuel Bénin) – Haute Volta (actuel Burkina Faso) – Soudan français (actuel Mali)

Les représentants de ces pays décidèrent à Dakar le 17 Janvier 1959 de la création de la Fédération du Mali. Une décision que ne voulait pas la France qui mit Houphouët-Boigny en action, tenant compte des liens économiques étroits entre la Côte d’Ivoire et la Haute Volta. Ainsi, la Haute Volta et le Dahomey abandonnèrent ce projet de Fédération qui fut réduit au Sénégal de Senghor et au Soudan français de Modibo Keita. Ces deux ne pouvaient pas s’entendre, Senghor étant aligné aux thèses françaises tandis que Modibo Keita était un nationaliste panafricaniste et un panafricain socialiste.

Dr Daniel Yagnye Tom

Président de l’Alliance Patriotique et Représentant spécial de l’UPC

En Afrique Australe et Centrale.

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