Le Contentieux Historique, plus que jamais d’actualité !
Les problèmes posés par le Contentieux Historique sont des plus actuels, n’en déplaise aux voix dissonantes qui pressent le Peuple Kamerunais de précipiter dans les poubelles de l’histoire la mémoire de ses héros, et la commémoration des dates fondatrices de son histoire épique de lutte pour sa Liberté et sa Dignité. Car les problèmes de la Souveraineté politique de nos pays et du droit à l’autodétermination de nos populations sont des problèmes actuels. Un coup d’œil vers l’Angola, ancienne colonie portugaise qui a acquis son indépendance politique et avec elle tous les biens qui en découlent, nous instruit bien sur la nécessité pour nous de lutter pour mettre fin à la dépendance de notre pays vis-à-vis de la France.
Plus d’un demi-siècle après les «Indépendances» de la France, nos États n’arrivent pas à «survivre» sans les interventions militaires étrangères (République Centrafricaine, Mali, Côte d’ivoire, Cameroun, Lybie, etc…)
Il est évident que quelque chose n’a pas bien marché avec ces prétendues Indépendances ! Quelque chose ne va pas bien ! L’Histoire nous oblige à nous poser ces questions :
1/- Que serait la République Centrafricaine actuellement si Barthélemy Boganda n’était pas mort dans cet «accident» ?
2/- Qui a tiré profit de sa mort ? Pas le peuple Centrafricain évidemment…
3/- Quelle République du Cameroun aurions-nous aujourd’hui, si
le pays n’avait pas connu les massacres et le génocide avec cette guerre qui a été imposée par la France ?
4/- Comment se serait développé le Togo si son premier président, Sylvanus Olympio, n’avait pas été assassiné par les anciens militaires français dirigés par Gnassingbe Eyadema. ?
5/- Quel Gabon aurions-nous aujourd’hui si la France avait laissé le fédéraliste Jean Hilaire Aubame diriger le pays au lieu de leur laquais Léon Mba, qui ne voulait pas entendre parler d’Indépendance ?
6/- Quel développement aurait l’Afrique «francophone» si elle ne se trouvait pas menottée par le Franc CFA ?
Alors que notre destin économique est miné par la domination des intérêts français en particulier, occidentaux en général, l’Angola a créé sa propre devise et sa propre banque centrale et impose lui-même sa vision économique aux opérateurs désireux d’investir chez-lui, en fonction de ses propres objectifs de développement. Chez-nous par contre, le maintien de la zone franc avec le FCFA comme monnaie, le contrôle des banques centrales régionales et le fonctionnement anormal des banques nationales, qui bien que « sur liquides » ne financent pas l’investissement, conduisent à l’absence d’une bourgeoisie nationale des affaires que remplace une bourgeoisie de fonctionnaires responsables d’une captation criminelle des ressources indispensables à la construction du bien-être pour le grand nombre. C’est la raison de l’absence d’une classe moyenne honnête et travailleuse capable de développer une industrie locale pour ses propres besoin d’expansion et de sain enrichissement, créant ainsi un espace économique d’emploi maximal pour ces millions de bras kamerunais « anglophones » ou « francophones », que le désœuvrement, le manque de perspective et le désespoir poussent vers un illusoire eldorado encore plus dés- humanisant.
Toute solution du CH nécessitera de l’implication de la France, de la Grande-Bretagne, de l’État Kamerunais et du Peuple Kamerunais.
Toute solution impliquera nécessairement la participation de la Grande Bretagne à cause de son implication dans la “Kurdistanisation” du Cameroun Occidental qui a fini par voir repartir ses territoires et ses populations entre le Nigeria et le Cameroun Oriental. Toute solution du Contentieux Historique Franco-Camerounais impliquera nécessairement la participation active du peuple Kamerunais, de la France, de la Grande Bretagne, de l’Allemagne et des Nations Unies.
La Grande Bretagne a joué un rôle déterminant dans la «Kurdistanisation» de la partie anglophone du Kamerun, qui a finalement perdu son territoire et ses populations pour le Nigeria.
Quant à l’Allemagne, ses vainqueurs de la Première Guerre Mondiale, dans un acte de «gangstérisme» politique, envahirent le Kamerun de manière abusive, sous le prétexte qu’il était encore un «protectorat» allemand, alors que le Traité qui compromettait l’Allemagne avec le Kamerun était caduque depuis 1916.Mais la Société des Nations, père des Nations Unies actuelles, avait fermé les yeux et officialisé cette agression contre notre pays.
Il eut plusieurs Traités et Conventions des «nouvelles» entités sur les frontières dans les années 1916, 1919, 1939 et 1946. C’est ainsi qu’une partie du Kamerun, la «francophone», devenait Cameroun, tandis que l’autre partie, «l’anglophone», devenait Cameroons. L’Allemagne a été active dans notre pays et devrait être un grand témoin de notre Histoire dans la solution du Contentieux Historique, surtout dans la récupération par voie diplomatique, du Kamerun Septentrional.
Il est évident que quelque chose n’a pas bien marché avec prétendues indépendances ! Quelque chose ne va pas bien car le Général De Gaulle a réussi à faire en Afrique dite «francophone» ce qu’il ne voulait pas que les nazis fassent de la France.
Dr Daniel Yagnye Tom
Président de l’Alliance Patriotique et Représentant spécial de l’UPC
En Afrique Australe et Centrale.