« DOUALA, LE 27 AOÛT 1940 » OU LA COLOSSALE DETTE DE LA FRANCE !
La France de 1940, exsangue et laminée par le nazisme d’Adolphe Hitler, n’avait rien à proposer au Cameroun. C’est plutôt le Cameroun et les camerounais qui ont volé au secours de cette France moribonde.
Le 27 Août 1940 est officiellement présenté par la France comme la date du ralliement du Cameroun à la « France Libre » après l’appel du général De Gaulle du 18 Juin 1940. Cette version est à nos yeux, totalement erronée, puisque c’est le 27 Août 1940, à Douala, qu’est née effectivement la « France Libre ». Avant cette date, c’était la France de Vichy, la France collabo du maréchal Pétain, laminée et occupée par l’armée nazie. Et c’est en peuple libre que le Cameroun décide de se battre pour la libération de cette France en lambeaux.
Il faut le dire : la France Libre n’existait pas lorsque le Général De Gaule (déserteur de son état), lance l’appel du 18 Juin 1940 depuis Londres. C’est le peuple Camerounais, à partir de Douala qui permet à cette France humiliée, une assise territoriale qui va lui permettre non seulement de lever des troupes mais de bénéficier d’importants moyens matériels et financiers. Cette « France Libre » à laquelle, soit disant, le Cameroun se rallie est une vue de l’esprit perverse et retors des historiens français, pour effacer l’apport incommensurable du peuple camerounais dans la reconquête de sa légitimité durant la 2ème guerre mondiale.
C’est à partir du Cameroun avec son potentiel humain, matériel, financier et de l’Afrique équatoriale en général, que la France Libre commence à faire entendre sa voix, aux côtés des Alliés. L’affaire d’une résistance londonienne et métropolitaine, la résistance du général De Gaulle à Londres est un mythe infâme. De Gaulle n’avait, en effet, pas de combattants, ni matières premières, ni territoire national souverain. 40 000 camerounais environ furent volontaires pour l’enrôlement dans l’armée française en qualité de conscrits, c’est-à-dire des gens qu’on pouvait mobiliser à tout moment pour faire la guerre. La clause du mandat de la Société Des Nations, (SDN), qui interdisait l’enrôlement des camerounais dans les troupes combattantes françaises, est ainsi contournée. Après cette guerre, la France franchit un autre pas, en envoyant les « tirailleurs camerounais » dans la guerre d’Indochine. Cf : « La condition militaire au Cameroun, 1894-2000 – Colonel Aaron Alain Claude Essome Mbenda – Editions EUE – 2019.
Malheureusement, cette « France » malgré la participation du Cameroun dans ces deux guerres, décide de devenir amnésique, en spoliant le Cameroun de son indépendance.
Plus de 80 ans plus tard, le Cameroun continue de payer le lourd tribut de sa « bienveillance» vis-à-vis de la France. Entres crimes, rivières de sang, exactions, pillages, magouilles en tous genres, conventions sordides, coopération – aide bidon, mépris, arrogance, extorsions, la France continue de se comporter en territoire conquis. Normal !!! selon le journal « Financial Afrik » dans sa livraison du 05 octobre 2022, « Les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) accusent une dette cumulée de 1.468 milliards de FCFA (2,2 milliards d’euros) envers la France au 31 décembre 2021…..Le tableau d’endettement publié par la Direction générale du trésor français indique que sur la période considérée, le Cameroun concentre 67 % de cette ardoise, ce qui équivaut à une dette de 992 milliards de FCFA (1,5 milliard d’euros) »
Au regard de ces chiffres affolants, comment comprendre que le Cameroun, pays béni, au sol et sous-sol immensément riche, avec une population dynamique, a pu réussir ces dernières décennies, le magistral tour de force de devenir un : « Pays pauvre très endetté » avec des Plans d’ajustements Structurels, qui n’en finissent pas d’en finir. Nous assistons impuissants là, à une gouvernance calamiteuse, dont les origines remontent à des accords totalement iniques avec la France. Gouvernance qui appauvrit davantage le peuple, en enrichissant ces « experts en cols blancs » et ces camerounais véreux, sans conscience aucune. Un cliché pathétique : notre pays le Cameroun, accroché à la mamelle famélique d’une France pilleuse de richesses naturelles de 14 états africains menottés par le franc CFA depuis 1945.
Il est temps pour la France de reconnaitre que son soutien durant cette guerre était essentiellement basé sur le Cameroun et l’Afrique équatoriale jusqu’en 1943, date à laquelle l’Afrique du Nord va se joindre à la France libre. Le Cameroun était le véritable poumon économique de la France Libre, avec la participation active de sa population et grâces à ses ressources diverses. Qu’est-ce qui peut justifier que plus de 75 ans plus tard, la France peine à dévoiler les archives de cette guerre, sinon le manque de volonté de devoir régler une facture colossale aux pays africains concernés. Oui, la France est redevable à tous les pays africains ayant participé activement à sa libération :
- Nombres de soldats africains par pays ayant combattu aux cotés de la France
- Nombres de blessés par pays
- Nombres de morts par pays
- Ressources naturelles et financières pour soutenir un effort de guerre colossal
- Travaux forcés pour le compte de la France avec pillage de ressources
- Etc.
N’oublions surtout pas que le Président Emmanuel Macron lors de sa sortie à l’ONU le 20 septembre 2022 déclarait : « Et à cet instant, je pense à ceux qui se sont battus dans mon pays mais également partout dans le monde pour que, précisément, la France soit libre…. N’oublions jamais cette dette. Elle sert les intérêts de tous nos pays et nous montre le chemin de la paix… » Nous sommes ainsi dans notre droit légitime d’affirmer qu’il est temps pour le Cameroun de chiffrer cette dette de plusieurs centaines de millions de dollars, due par la France pour la 2ème guerre mondiale et sa participation à la guerre d’Indochine.
Nous tenons à rappeler qu’à l’heure actuelle, la Pologne, après toutes les compensations reçues après la 2ème guerre mondiale, présente de nouveau à l’Allemagne une facture de 1200 millions de dollars pour les dégâts causés durant cette même Guerre.
Et que dire de cette guerre de décolonisation menée par la France dans un pays qui n’était pas « sa » colonie ? Là, il s’agit encore d’un autre volet de ce contentieux sur lequel nous reviendrons.
Enfin, sans haine et sans passion, il est plus que jamais temps de révéler LA VERITABLE HISTOIRE DU CAMEROUN QUI N’A JAMAIS ETE UNE COLONIE FRANCAISE, à nos populations et aux jeunes générations qui ont trop longtemps « avalé » le mensonge de la France et de ses mains agissantes camerounaises. Les temps changent, le Cameroun, ne saurait continuer d’être la « vache à lait » de la France.
Dr Daniel YAGNYE TOM
Représentant spécial de l’UPC en Afrique centrale et Australe
Président de l’Alliance Patriotique.
ARTICLE EN PDF : https://histoirecamerounfrance.com/wp-content/uploads/2023/08/Douala-Le-27-Aout-1940-ou-la-colossale-dette-de-la-France.pdf
La date du 27 août 1940 est extrêmement importante: elle représente la prise de conscience véritable que l’histoire qui nous est enseignée est un message d’aliénation, une lecture des évènements du point de vue de ceux qui nous exploitent. J’en ai fait l’expérience l’année dernière avec une Association qui s’appelle juste « le 27 août 1940 ». Nous voulions organiser un symposium sur ce sujet, en associant à l’ouvrage des enseignants de haut niveau d’histoire? Je voudrais citer ici les doyens des facultés d’histoire de Douala et Yaoundé 1, qui nous ont réservés un accueil chaleureux, estimant que notre initiative devait être prise par eux, pour contribuer à « décoloniser les mentalités ». Donc félicitations pour cette initiative, qui constitue une véritable première dans le champ de la réécriture de l’histoire… et cette fois ci de notre point de vue
Magnifique