« LA NEBULEUSE » BOLLORE, UN DES PILIERS DE LA « FRANÇAFRIQUE » ET DU CONTENTIEUX HISTORIQUE CAMEROUN – FRANCE. (1ère partie)
Le contentieux historique Cameroun France ne se limite pas seulement à la période d’avant les indépendances, comme veulent nous le faire croire les présidents français, François Hollande et Emmanuel Macron. Il va bien au delà, de la présence française à partir de 1916 jusqu’en 2022, avec des empires économiques français basés depuis des décennies sur le territoire camerounais, dont les bénéfices échappent pour la quasi-totalité à l’Etat et au peuple camerounais.
Pour ce faire, nous ouvrons un pan des activités du « sulfureux » Vincent Bolloré et son empire «néocolonial camerounais» qui cache un impressionnant réseau mafieux transnational (civil et militaire).
Sur le site de « Bolloré Transport & Logistics Cameroun »il est « joliment » publié ceci, sans plus de détails :
« Bolloré Transport & Logistics Cameroun a été créé en 1947. Notre Direction générale nationale est basée à Douala :
1. Outre le port de Kribi, Bolloré Transport & Logistics exploite
2. la ligne ferroviaire Douala–Ngaoundéré. Cette artère stratégique relie la capitale économique du Cameroun aux grandes villes comme Yaoundé dans l’arrière-pays.
3. Notre organisation offre des solutions complètes de bout en bout à nos clients, notamment le fret aérien et maritime (conteneur FCL/LCL),
4. le transport terrestre,
5. le courtage en douane,
6. l’entreposage et la distribution,
7. ainsi que de nombreux autres services à valeur ajoutée.
La société dispose d’un large éventail de capacités et d’un personnel expérimenté pour traiter tous types de fret jusqu’aux équipements hors-gabarits, avec une expertise spécifique dans un certain nombre de secteurs verticaux tels que :
8. l’exploitation minière
9. l’aide humanitaire,
10. le pétrole
11. le gaz,
12. les aliments,
13. les boissons,
14. les projets industriels,
15. les technologies,
16. de l’énergie,
17. les produits de base hors métaux.
Derrière ces « jolis mots », se cache une réalité sordide, abjecte et hideuse. Cette multinationale a allègrement prospéré au Cameroun, grâce à des complicités criminelles locales très hauts placées, au détriment du peuple camerounais.
En effet, qui peut dire exactement quelles sont les activités réelles du groupe Bolloré depuis plusieurs décennies au Cameroun ?
Entre prête-noms, magouilles, passe-droits, trafics d’influences, intimidations, duperies, extorsions, destruction de l’environnement, spoliations, malversations, emprisonnements, rapines, paupérisation des populations pour les intérêts du multimilliardaire français Vincent Bolloré et de ses complices camerounais, un silence règne : oppressant, asphyxiant, gluant, intolérable !
En 2022, rares sont ceux qui peuvent nous dire exactement combien de centaines de milliards de francs CFA sont sortis du territoire camerounais, en toute impunité, sous le couvert d’activités occultes, illicites, dont le grand public ne peut imaginer l’inimaginable.
Ironie du sort, Vincent Bolloré, ce « golden boy », puissant soutien de l’Extrême-Droite raciste française sur sa chaîne de télévision CNews, se targue « d’amitiés sincères » avec les puissants africains, notamment au Cameroun. Normal, Selon le journal le Monde du 07 avril 2016, c’est en Afrique que ce mastodonte effectue 80 % de ses bénéfices.
« Monsieur Vincent Bolloré qui fait face à plusieurs plaintes, pour ses méthodes dignes de la période esclavagiste au Cameroun et ailleurs, est depuis des décennies un poids lourd de l’économie camerounaise. Le Monde Diplomatique dans sa parution « Port, rail, plantations : le triste bilan de Bolloré au Cameroun » d’avril 2009, écrit :
« Grâce au rachat de vieilles entreprises coloniales françaises et à la privatisation d’une part importante du patrimoine économique national, le groupe Bolloré est devenu un acteur incontournable dans le tissu économique comme dans la vie politique du Cameroun :
· Concessionnaire de la société de chemin de fer CAMRAIL depuis 1999 (jusqu’en 2034),
· Il a obtenu la concession du terminal à conteneurs du port de Douala en 2005 (jusqu’en 2020).
· Ses diverses agences, regroupées sous la marque « Corporate Bolloré Africa Logistics » depuis septembre 2008, sont présentes dans la capitale économique, Douala, dans la capitale politique, Yaoundé et dans le nord du pays, à Garoua.
· La gestion de l’ensemble des flux de production d’aluminium produit à l’usine d’Edéa, gérée par le géant canadien Rio Tinto-Alcan,
· la logistique de la construction du pipeline Tchad-Cameroun, opéré par Exxon-Mobil,
· La logistique « Door to Door » pour le compte de Total font partie des « références » camerounaises dont se flatte le groupe sur son site internet.
S’il a abandonné les chantiers forestiers après avoir participé, selon certaines ONG, au « pillage » de la forêt camerounaise,
· le groupe gère toujours un parc à bois, grâce à sa Société d’Exploitation des Parcs à Bois du Cameroun (SEPBC). (plateforme de 100 000 m² gérée par la SEPBC)
· Il contrôle par ailleurs d’immenses plantations, soit directement, via SAFACAM qui exploite 8 400 hectares de palmiers à huile et d’hévéas, soit indirectement, via la société belge Socfinal qui gère 31 000 hectares de palmiers à huile dans le pays.
· Les responsables du groupe Bolloré jurent ne pas « contrôler » les plantations de Socfinal. Ce que contestent la plupart des observateurs.
Nous y ajoutons le « Kribi Logistics Hub » avec l’inauguration en juin 2022, une base logistique moderne d’une superficie totale de 24 000 m2, située à proximité du port de Kribi. Selon un communiqué du groupe Bolloré : «Cette plateforme a pour vocation de recevoir, stocker et livrer, des marchandises destinées aussi bien à l’import qu’à l’export. »
Les activités stratégiques, (militaires) de Vincent Bolloré.
Dans l’ouvrage de Jean Bothorel, Vincent Bolloré, une histoire de famille, Jean Picollec, Paris, 2007 », Vincent Bolloré déclare : « et uniquement dans des secteurs où personne ne veut s’aventurer ; par exemple, le transport en Afrique, où nous sommes les seuls. Tout cela représente quelques dizaines de millions d’euros, c’est-à-dire moins de 1 % de notre chiffre d’affaires ».
Il s’agit ici du secteur militaire et stratégique. Selon le Monde Diplomatique d’avril 2009, le groupe Bolloré : « Opérateur de référence sur l’ensemble des axes africains de transport », comme il aime à se présenter, peut donc évoluer aussi bien en temps de paix et en temps de guerre : Tout « résiduels » qu’ils soient, ces contrats publics — notamment avec les ministères des affaires étrangères ou de la défense — relèvent en général d’intérêts stratégiques. Quand la France envoie — ou rapatrie — des troupes en Afrique, comme pour l’opération « Licorne » en Côte d’Ivoire, les nombreuses filiales du groupe Bolloré apparaissent souvent indispensables. « Toutes les opérations sont réalisées avec la plus stricte sécurité et confidentialité » lit-on, en surimpression d’images de véhicules blindés, sur un prospectus distribué par la branche « Défense » de SDV…
« L’Organisation des Nations unies fait fréquemment appel à ses services quand elle envoie des casques bleus. Et Bolloré est intervenu dans le cadre de la Force de l’Union européenne (Eufor) envoyée au Tchad. Au Soudan, pays pétrolier ravagé par des années de violence, ses filiales font, de l’aveu même de leurs responsables, de fructueuses affaires simultanément dans les logistiques humanitaire… et pétrolière. ) » Cf. « Les bonnes affaires de Bolloré », Marchés tropicaux et méditerranéens, Paris, 25 janvier 2008.
Pour le Monde Diplomatique, « Les guerres africaines de Vincent Bolloré », dans sa publication d’Avril 2009 : « Le groupe Bolloré est en effet propriétaire de plusieurs sociétés qui ont fait fortune, à l’époque coloniale, dans le transport, le transit et la manutention des produits d’import-export avec le continent.
- Les deux principales sont la Société commerciale d’affrètement et de combustibles (SCAC) d’une part, rachetée en 1986 et fusionnée par la suite avec d’autres branches du groupe pour
- donner naissance à SDV Logistique internationale ;
- et d’autre part SAGA, sœur jumelle de la précédente, rachetée après moult intrigues en 1997.
Il faut dire qu’avec l’avènement des privatisations imposées aux États africains par les institutions financières internationales, sous la houlette du Fond Monétaire International et de la Banque Mondiale avec leur Programme d’Ajustement Structurel, Vincent Bolloré s’est taillé la part du lion en Afrique. Il y a acquit des concessions portuaires, des routes, des voies fluviales, des chemins de fer, des bases logistiques, des terminaux pétroliers et gaziers, bref :
« Des infrastructures stratégiques héritées, elles aussi, de l’époque coloniale — En connexion avec les deux cents agences dont dispose le groupe dans une quarantaine de pays africains, et avec ses chemins de fer, ses milliers de camions et ses millions de mètres carrés de surface de stockage, la gestion des ports assure de fait au groupe Bolloré une redoutable emprise sur le continent. Sous la marque ombrelle « Bolloré Africa Logistics », créée en septembre 2008, il est devenu le « premier réseau intégré de logistique en Afrique »
Surnommé «Smiling Killer», (tueur souriant), Vincent Bolloré a tissé de puissants réseaux en Afrique afin de gagner du terrain. « Les ministres, on les connaît tous là-bas, indique ainsi le directeur général du groupe Gilles Alix. Ce sont des amis. Alors, de temps en temps — je vais être clair —, on leur donne, quand ils ne sont plus ministres, la possibilité de devenir administrateurs d’une de nos filiales. C’est pour leur sauver la face. Et puis on sait qu’un jour ils peuvent redevenir ministres.» Il est ainsi quasiment impossible de connaître les connexions mafieuses de la « FrançAfrique » héritées de l’époque coloniale, qui lient le groupe Bolloré, les hommes politiques français et les dirigeants africains, tous englués dans de vastes et ténébreux systèmes et réseaux de corruption.
Plus spectaculaire encore, c’est cette affirmation, qui se trouve dans l’ouvrage d’Aymeric Blanc et Olivier Gouirand, « La concession du chemin de fer au Cameroun : les paradoxes d’une réussite impopulaire » (PDF), Août 2007 « L’Afrique est comme une île, reliée au monde par les mers, expliquait un ancien du groupe Bolloré en 2006. Donc, qui tient les grues tient le continent ! ». Cette phrase résume en quelques mots ce que nous ne cesserons de dénoncer, comme étant la source même du « CONTENTIEUX HISTORIQUE CAMEROUN – FRANCE », la mainmise de la France sur le Cameroun par un mécanisme implacable et intolérable qui empêche ses filles et ses fils de profiter des richesses naturelles et humaines pour le développement du Cameroun : « Et cela d’autant plus que le Cameroun, ancien territoire sous tutelle française pendant la période coloniale, reste géré par une élite locale qui, héritière d’une indépendance dessinée par les Français eux-mêmes, agit plus en fonction de ses intérêts propres que de l’intérêt général. Alors que les dirigeants du groupe Bolloré s’affichent fréquemment avec le président Biya, sa femme Chantal ou certains autres hauts responsables du régime, beaucoup de Camerounais se demandent jusqu’où va l’ingérence de Bolloré dans les affaires intérieures de leur pays. » Bolloré, c’est une illustration parfaite de la Françafrique ! ». Monde Diplomatique – Avril 2009… Édifiant et écœurant tout simplement !
Dr Daniel Yagnye Tom
Président de l’Alliance Patriotique et Représentant spécial de l’UPC
En Afrique Australe et Centrale.