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15 janvier 1971 : Exécution publique du Président de l’UPC Ernest OUANDIE.

Le procès s’est ouvert le 21 décembre 1970 : 85 inculpés dont 35 accusés de rébellion…

Le 5 janvier 1971 au procès, la plupart des accusés reviennent sur leurs aveux. Les dernières audiences n’ont pas apporté d’éléments déterminants éclairant l’affaire. La plupart des 18 accusés sont donc revenus sur leurs déclarations antérieures à la police et au juge d’instruction, qui selon 2 d’entre eux leur ont été  extorquées sous les sévices.

Plusieurs autres déclarent qu’ils sont membres d’une simple « réunion de prière » et non de « la Sainte-Croix pour la Libération du Cameroun », une organisation fondée par Gabriel Tabeu dit ‘Wambo le courant’… Ceux des accusés qui ont reconnu avoir adhéré à la Sainte-Croix soulignent qu’ils sont venus à Yaoundé pour une manifestation religieuse organisée par ce mouvement et non pour attenter à la vie du Chef de l’État. Cependant, Jérôme Tonyè confirme ses premières déclarations et indiquait au tribunal que ‘Wambo’ lui a dit être venu à Yaoundé dans le but de renverser le Gouvernement, ce que le dénommé Wambo dément énergiquement. Pour sa part, Maître Icare, l’avocat français du barreau de Yaoundé, qui défend la plupart des accusés, fait valoir que ceux-ci sont dans la capitale que depuis le début du mois de décembre et non le 29 novembre, jour J du complot, comme le dit l’accusation…

Le verdict tombe : la mort pour Ernest Ouandié, Gabriel Tabeu et Fotsing Raphaël, agent de liaison; pour Célestin Takala et Mathieu Njassep c’est la détention à perpétuité. Ernest Ouandié ne sollicitera pas la clémence d’Ahidjo.

Quant à Mgr Ndongmo, ayant reconnu ses « erreurs » avant d’affirmer son « attachement  aux autorités camerounaises et à leur Chef » et demander le pardon du Chef de l’État et du Tribunal, sa peine a été commuée. Le Vatican a exprimé son « soulagement ».

Le Monde du 16 juin 1971 rapporte:

« Ernest Ouandié, Président de l’UPC, contre lequel la peine de mort a été requise lors d’un premier procès la semaine dernière, comparaissait comme simple témoin. Alors qu’il avait refusé de parler tout au long des débats de son procès, M. Ouandié est sorti de son mutisme pour faire des déclarations qui ont tranché par leur clarté avec celles embrouillées de Wambo, et ont dégagé quelque peu la responsabilité de celui-ci face à l’accusation. Le chef rebelle a déclaré qu’il n’avait entendu parler de Wambo que comme d’un maquisard indiscipliné luttant contre ses supérieurs du maquis de Douala pour la conquête du pouvoir et tenant à  substituer des ‘moyens mystiques’ à la lutte armée de l’UPC. Ernest Ouandié a laissé entendre que Wambo était bien opposé à l’action violente. 

(…) Bien que le communiqué officiel fasse allusion à un recours en grâce de tous les condamnés à mort. M. Ernest Ouandié avait refusé de demander la clémence du Chef de l’État camerounais à l’issue du procès. Ce refus semble conforme à l’attitude qui avait été adoptée par le Chef rebelle. Protestant contre l’absence d’avocats de son choix, affirmant que les aveux qu’il avait faits devant le juge d’instruction lui avaient été arrachés par la torture, il avait refusé de se défendre devant les juges du tribunal militaire de Yaoundé. Il avait simplement pris la parole à l’ouverture des débats pour s’indigner qu’on le traitât comme ‘un vulgaire criminel de droit commun’ et en appeler au ‘jugement de l’Histoire’. »

Le 15 janvier 1971, Ernest Ouandié et ses deux camarades seront exécutés publiquement à Bafoussam ! 

Dr Daniel Yagnye Tom

Président de l’Alliance Patriotique et Représentant spécial de l’UPC

En Afrique Australe et Centrale.

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