« LE PETROLE CAMEROUNAIS : UNE SOURCE DE RICHESSE OU UN GOUFFRE SANS FIN ? »
Notre pays est un producteur de pétrole, dont la quantité produite reste inconnue. Depuis le forage de la première goutte, le pétrole camerounais est entouré d’un nuage opaque et gluant, accessible uniquement aux « initiés » et aux « prédateurs ». Depuis son lancement en 1976 jusqu’à l’incendie qui a provoqué son arrêt en 2019, la SONARA a toujours approvisionné le marché camerounais en carburant acheté sur le marché international. La raffinerie, construite par les français, ne pouvait traiter que du pétrole léger et non le brut lourd extrait de nos plateformes pétrolières, qui était donc exporté vers la France
Malgré l’arrêt de l’activité de raffinage suite à l’incendie, la SONARA continue d’acheter du pétrole raffiné sous forme de kérosène, de super, de pétrole lampant et de gasoil pour approvisionner le marché local. Si nous avions une distillerie capable de raffiner du brut lourd, nous pourrions produire nous-mêmes du bitume à moindre coût pour construire des routes. Cependant, cela représenterait un manque à gagner pour certains, car notre pétrole lourd est actuellement transporté hors du Cameroun pour être raffiné et nous est revendu sous forme de bitume à un prix élevé.
Pour la petite histoire, le Cameroun est reconnu comme ayant des routes parmi les plus coûteuses en Afrique. Il avait été révélé en 2013 que le prix moyen d’un kilomètre de route bitumée au Cameroun était d’environ 205 millions de FCFA, ce qui était deux fois plus élevé que la moyenne africaine qui tournait autour de 100 millions de FCFA. De plus, un rapport de la Banque mondiale publié en 2018 indiquait que certaines infrastructures routières au Cameroun sont 2 à 6 fois plus chères que des projets similaires en Afrique. La situation ne s’est guère améliorée.
Dr Daniel YAGNYE TOM