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Notre cause

L’ECONOMIE CAMEROUNAISE OU LE BAISER DE JUDAS

64 ans après l’indépendance du Cameroun, notre pays est confronté aux difficultés liées à sa planification stratégique. Plusieurs programmes de développements ont été dictés par la France en particulier dans le domaine agricole. A l’âge de la raison, le pays reste à la recherche d’une voie, celle de l’émergence. Raison pour laquelle nous tenons à vous présenter ce tableau sombre qui nous maintient dans la pauvreté. Et pour y demeurer, Michel CAMDESSUS, directeur du Fonds Monétaire International  va débarquer en 1987 au Cameroun pour nous soumettre à un Plan d’ajustement structurel et ouvrir la porte du FMI. C’était  au moment où le pays attendait la rétrocession de son trésor détenu depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Pourtant le Cameroun regorge d’énormes opportunités.

Le Cameroun compte 47 millions d’hectares de terres physiques. 9,2 millions d’hectares constituent des terres agricoles. Les terres arables cumulent 7,2 millions d’hectares sur l’ensemble des terres agricoles. De ces terres arables, seuls 1,8 million d’hectares sont exploités, soit seulement 26% de la surface cultivable. En valeur absolue, uniquement 4% de la superficie nationale est actuellement exploitée pour des besoins agricoles. Sur les 22 millions d’habitants, 75 % soit 16,5 millions s’occupent des activités agropastorales. Ce pourcentage, mis en rapport avec l’étendue des terres arables nationales démontre une sous-utilisation chronique du potentiel.

Au niveau du taux de perte de la production agricole nationale, on enregistre un taux moyen de 25 % de pertes agricoles après récolte. Situation aggravée par une pénurie artificielle en produits à cause d’une opacité du marché liée au désert informationnel. Selon les données statistiques de l’INS disponibles à ce jour, la situation économique du Cameroun dont la balance commerciale au premier semestre 2021 serait de 744 milliards de FCFA, soit une augmentation de 7,5 %. Cela signifie une dépendance économique extérieure dont les principaux produits sont entre autres, les carburants et lubrifiants (+251,2 milliards), les céréales (+111,7 milliards), les huiles brutes de pétrole (+47 milliards), les achats de véhicules, le poisson, le riz, le sucre etc. 

Dans le détail, le pays a importé 57 008 tonnes de poissons congelés pour un montant de 38,9 milliards de FCFA. 115 293 tonnes de riz qui ont englouti un montant de 32,8 milliards. Pour le blé, le pays a déboursé 41,4 milliards de FCFA pour 249 425 tonnes (2020). Pour les 473 tonnes de maïs importés, 300 millions de FCFA ont été dépensés. Les gruaux et semoules de maïs (5 222 tonnes) ont aspiré 1,3 milliard.

Les tourteaux de soja (7 580 tonnes) ont coûté 1,7 milliard. L’huile de palme brute (17 152 tonnes) a coûté 6,9 milliards de FCFA. Le sucre (15 575 tonnes) a englouti 3,9 milliards de FCFA. Pour les jus de fruits, le pays a dépensé 400 millions pour une quantité de 386 tonnes.

Pour ce qui est de l’importation du clinker, le Cameroun a déboursé un montant de 19,3 milliards pour une quantité de 550 865 tonnes. 8,5 milliards de FCFA ont été dépensés pour l’achat de 24 037 tonnes de butane liquéfié. L’importation du savon, elle, a coûté 500 millions de FCFA pour 584 tonnes.

Les préparations alimentaires pour animaux (2 855 tonnes) ont absorbé 1,8 milliard. Le lait et crème de lait (6 086 tonnes) ont coûté 10,9 milliards de FCFA. Les papiers et cartons (14 955 tonnes) représentent une valeur de 7,8 milliards de FCFA. L’emballage en matières textiles (888 tonnes) a induit une dépense de 1,9 milliard. Les articles de friperie (19 256 tonnes) reviennent à 10,5 milliards de FCFA. Enfin, les meubles en bois (2 161 tonnes) ont coûté 1,4 milliard de FCFA.

En conclusion, le Cameroun a importé pour plusieurs milliards de FCFA des biens pouvant être produits localement pour environ 10 millions d’emplois fixe perdus. Cette tourmente économique, contentieux historique oblige, a été voulue par les colons qui ont décidé d’orienter cette économie vers l’extérieur c’est-à-dire la France, premier fournisseur des biens et services du pays. Pour preuve, à en croire les données de la direction générale des douanes du ministère des Finances, au cours de l’année 2019, le pays a importé 60 000 tonnes de maïs en provenance d’Ukraine. En 2020, plus de 260 millions Dollars US dépensés à l’importation du maïs et ses dérivés pour des brasseries appartiennent au Groupe Castel, société française installée depuis 70 ans.

Michel EKAMBI

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