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1982 : remise et tentative de reprise du pouvoir de Paul Biya par Amadou Ahidjo.

En 1982, après 22 ans de présidence solitaire, Ahidjo cède brusquement la place à son Premier Ministre,  Paul Biya. « Habile mais risqué », titre Le Monde du 6 novembre 1982, qui retrace la personnalité et la carrière politique d’Ahidjo, sous la plume du journaliste Philippe Decraene :

« M. Ahidjo a demandé aux Camerounais, en les ‘exhortant à demeurer un peuple uni’ d’‘accorder sans réserve’ leur confiance à son successeur constitutionnel M. Paul Biya depuis 1975, 1er Ministre, Vice-président de l’UNC, depuis 1967 collaborateur d’Ahidjo.

M. Ahidjo se montrait parfois, en privé, las d’un pouvoir exercé d’une poigne de fer et sa santé laissait à désirer. M. Ahidjo s’est contenté de qualifier sa décision de ‘circonstance capitale’. Il avait regagné Yaoundé à l’issue d’un séjour de 6 jours dans sa propriété de Grasse. De source officieuse française, on se bornait à constater, que le retrait volontaire de M. Ahidjo créerait – quelles que soient les qualités de son successeur – un ‘vide’ difficile à combler. Confronté à une rébellion qui contrôla longtemps une partie des campagnes, il s’engagea dès la proclamation de l’indépendance dans une répression militaire et policière implacables. Simultanément, l’UPC fut adroitement noyautée ; le Président Ahidjo menait de front la lutte armée et l’action diplomatique. Au nom de l’efficacité, il n’hésita pas à recourir à des méthodes qui suscitèrent un tel mouvement de réprobation à l’étranger – l’exécution de Ernest Ouandié -, qu’il qualifia ‘d’ignoble campagne de dénigrement’.

Ahidjo avait un sens aigu de l’État et de sa primauté sur toute autre considération, un goût de l’autorité sans partage, préférant inspirer la crainte plutôt que de rechercher une popularité dont visiblement il n’avait que faire.

Né en août 1924 à Garoua, autodidacte, en 1947 élu député à la première Assemblée Représentative, réélu en 1952, il siège l’année suivante à Paris, à l’Assemblée de l’Union Française. En 1955, il est élu Vice-président de l’Assemblée Territoriale du Cameroun dont il devient le Président en 1957. Vice-Premier Ministre chargé de l’Intérieur dans le premier gouvernement issu de la Loi-cadre, présidé par M. Mbida.

Sans éclat, mais sans composer à aucun moment, avec une fermeté sans faille vis-à-vis de la rébellion. La révolte de l’UPC dure 5 ans (1957-1962) en pays Bamiléké, et est brutalement réprimée – une vingtaine de milliers de morts – avec l’aide de l’armée française.

Depuis 2 ans, le pays a atteint le seuil de l’autosuffisance alimentaire, une assez bonne santé des finances publiques, l’endettement extérieur de l’État demeure léger et la charge annuelle de son remboursement est raisonnable puisqu’elle ne dépasse que de peu 10% des recettes budgé-taires (…) depuis 2 à 3 ans les disparités des revenus ont tendance à s’accroître. Un pays riche, complexe et contrasté. Peu à peu, la gestion saine de ressources considérables permet l’amorce d’un développement.   

Succédant à M. Ahidjo, le Président Biya a prêté serment

M. Biya a été réélu Vice-Président de l’UNC, M. Ahidjo conserve pour l’instant la Présidence du parti unique. Ce qui laisse penser qu’il n’a pas renoncé, dans l’immédiat, à tout rôle politique. À Paris, des sources généralement bien informées croient savoir qu’à 58 ans, il souffrirait de diabète et d’un ulcère à l’estomac. » Philippe Decraene.

 Dr Daniel Yagnye Tom

Président de l’Alliance Patriotique et Représentant spécial de l’UPC

En Afrique Australe et Centrale.

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